Côte d’Ivoire, Semaine VI

Tant que le Serpent n’est pas Mort, il ne Faut pas Relâcher le Bâton.

Cette maxime bien de chez nous, prise littéralement ferait frémir tous les amoureux et défenseurs d’animaux et encore plus, ceux qui pour les serpents ont développé un attachement si fort qu’ils oublient que ces êtres sont des usines biologiques à fabriquer des venins mortels, et que même quand on les aime, on ne les embrasse pas, contrairement aux autres animaux à qui on peut se frotter sans craindre même la bave quand ceux-ci nous lèchent.

La vérité c’est qu’une fois qu’on a fait l’expérience de ce reptile, on se méfie de tout ce qui rampe comme lui ou avec lui, même si à prime abord il semble inoffensif comme le vers de terre ; et à mon avis, c’est ainsi qu’on pourrait résumer la scène qui le weekend dernier, a eu lieu au concert de Yodé & Siro.

Asalfo s’est brisé contre le système de sécurité du président Gbagbo, et on n’a pas besoin d’être magicien comme le lead vocal du groupe de Zouglou le plus populaire au monde, pour comprendre ce qui s‘est réellement passé ; je crois même que pour le chanteur qui connait bien les réalités de la vie politique ivoirienne, ça réussi toujours.

Les deux mandats plus un d’Alassane Ouattara à la tête de la Côte d’ivoire qu’il a rêvé de diriger même dans leurs pires cauchemars, ont ouvert les yeux des Ivoiriens sur une bien lugubre manière de faire la politique. On savait la politique déjà assez sale du fait des méthodes souvent utilisées pour se hisser sur le perchoir, mais avec Alassane Ouattara, on a changé complètement d’univers.

Les lois de la physique telles qu’on les connait dans le monde qui nous entoure, ne s’appliquent pas toujours dans la mécanique céleste selon Alassane Ouatarra, qui comme Zeus se voit maitre du cosmos où il règne sur toutes les entités à qui il distribue les rôles en accordant sa bénédiction aux uns et aux autres, selon que vous soyez, humain (donc mortel), demi-dieu ou dieu.

Le Messager de Zeus?

Certain parmi les mortels que nous sommes, qui depuis qu’ils ont été fait demi-dieu, et qui donc côtoient le démiurge et les Jupiter d’autres mondes, ont cessés de rendre visite aux pauvres mortels avec qui, ils partageaient tout avant, et même un dieu déchu qui vie maintenant parmi les humains comme il vivait naguère sur l’Olympe, ne mérite pas qu’ils aillent s’enquérir de lui depuis sa descente et son retour de l’enfer.

C’est donc tout à fait légitime que l’entourage de ce dernier face bloc autour de lui, quand soudain ce nouveau demi-dieu tient à approcher l’ancien dieu déchu, pour le saluer. La sécurité du vieux dieu, n’a fait que son travail, pour lui éviter à tort ou à raison un quelconque sort que lui aurait pu jeter ce nouveau petit-Dieu qui peut-être à son insu pourrait être porteur d’un message lethal de Zeus, qui consisterait en une action pour s’assurer que personne et aucune prophétie, ne vienne contrecarrer ses ambitions de régner éternellement sur le cosmos. En effet, il ne faut jamais oublier que lui-même pour être là où il est aujourd’hui à dut précipiter la mort de Cronos.

Pour redescendre du ciel, il faut tout simplement dire que le compte à rebours a commencé pour l’élection présidentielle de 2025, et ce serait suicidaire de se laisser aller à une quelconque naïveté pour croire que Alassane Ouatarra n’utiliserait pas tous les moyens à sa disposition pour éliminer les grands obstacles sur son chemin que sont, Laurent Gbagbo, Henri Konan Bédié et Tidjane Thiam.

Vigilance, vigilance, et encore vigilance.

Sans affirmer que la volonté de Asalfo de vouloir saluer le président Laurent Gbagbo samedi dernier au concert du Palais de la Culture, fait partie d’une des stratégies d’Alassane Ouatarra contre son adversaire politique, je peux simplement dire qu’il était tout à fait légitime, connaissant le modus operandi d’ADO et de son entourage, d’être sur ces gardes ; après tout, mieux vaut paraitre ridicule en prenant des précautions que se confondre en regrets après pour n’avoir pas été vigilant.

Après les trolls, l’instrumentalisation de la justice, la technique de la division pour régner, semée au sein des partis politiques, et bien d’autres subterfuges, le parti au pouvoir qui vraisemblablement a échoué à mettre en place une vraie dynamique de réconciliation, jouera son va-tout, en essayant tout ce qu’il peut pour demeurer au pouvoir, et comme pour lui la fin justifie les moyens, rien et absolument rien n’est à écarter pour dégager tout ce qui de dresse en travers de son chemin.

Parce que cette fois-ci, il ne sera pas aussi simple pour Alassane Ouatarra d’invalider purement et simplement les candidatures de tous les sérieux prétendants au fauteuil présidentiel, il vaut mieux pour lui que ceux-ci n’arrivent même pas à se présenter ; c’est en tout cas l’une des principales options qu’il contemple en ce moment, et c’est pourquoi plus que jamais, il nous faut tous être extrêmement vigilant.

Alassane Ouattara sait très bien que même contre Soro Guillaume, il ne pourra jamais remporter une élection juste en Côte d’Ivoire.

Une Chronique Hybride de Jacques Faran K.

TT

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