Côte d’Ivoire, Semaine VIII

Ma méditation porte cette semaine sur la place que s’accordent les africains dans le monde, et en l’occurrence les jeunes africains d’aujourd’hui. Dans cette réflexion, je me suis rendu compte que cette question pour certains d’entre nous se posait mal, de leurs point de vue en tout cas. Pour un bon nombre d’entre eux en effet, il semble que ce serait plus correcte de demander simplement, ‘’quelle est la position qu’on accorde aux africains aujourd’hui dans la marche du monde ?’’ Et c’est là tout le problème.

Posée de cette manière, cette question devient véritablement un problème, et peut-être même le plus gros problème auquel est confrontée la jeunesse africaine de nos jours.

En effet, il y a encore un trop grand pourcentage de jeunes sur le continent qui continue à penser qu’un sauveur arrivera pour les sortir de leur misère, de leur pauvreté, de leur sous-développement et je ne sais quoi encore.

Une Jeunesse à l’État de Nature

Il n’y a qu’à voir combien ils sont ces jeunes-là dans les églises et les mosquées, pour prier un dieu à qui ils demandent à longueur de journée de faire tomber la manne sur leur tête. Parmi ceux-là, il y a un bon nombre qui est convaincu que, à force de prier, leur dieu leur a envoyé son messager sous la forme d’un politicien devant qui ils doivent se prosterner et offrir des louanges afin que celui-ci leur garantisse leur pain quotidien ou un avenir meilleur. Pour eux, tous ceux qui comme eux ne prient pas ce dieu-là, n’ont qu’à s’en prendre à eux même plutôt que de les critiquer comme ayant dévier de la mission de départ que tous nous nous sommes assigner pour plutôt confier ensemble le pouvoir que chacun d’entre nous a, à un simple être humain comme nous qui sera chargé de bien veiller au bien de tous, sans exclusive, et qui est responsable des actes qu’il pose, devant nous tous, et seulement nous.

Ayant oublié que le cerveau humain à évolué depuis longtemps pour donner à l’homme pensant la capacité de créer des systèmes qui lui permette d’être plus libre qu’il ne l’était en des temps reculés, où une poignée de personnes, souvent même une seule personne avait sur eux le droit de vie et de mort, comme l’histoire nous l’enseigne sur le quotidien de bon nombre de gens qui ont vécu au moyen âge par exemple, des hommes d’aujourd’hui, pire encore, des jeunes qui connaissent cette histoire, démontrent dans leurs attitudes, une forme d’involution qui donne à désespérer de cette jeunesse africaine-là, qui a décidé de rétrograder à l’état de nature plus proche de l’animal que de l’humain.

Entendons-nous bien, je parle du plus gros pourcentage de ces jeunes africains-là, et non de cette infime partie qui a compris que nous n’avons rien à gagner à être en permanence assisté, et qui en dépit des difficultés sur le terrain, se bat chaque jour pour affirmer son indépendance en essayant de trouver des voies de sortie pour ce continent qui n’a rien à espérer de personne, si ce n’est compter sur lui-même pour réussir comme l’on fait la Chine, les Émirats Arabes et l’Inde qui arrive à grand pas.

Je vois d’ici ceux-là qui vont encore me brandir les excuses de la colonisation, de l’esclavage et toute les formes de violence et violation qu’a connu le peuple noir depuis des siècles. Il y a aussi les autres qui pour se consoler, ne font que chanter à longueur de journée la grandeur de l’Égypte pharaonique plusieurs fois millénaire, pour réclamer de civilisations plus jeunes, d’abord la reconnaissance de ce passé glorieux, ensuite, plus de respect qu’elles ne leur témoignent, à cause de ce que leurs ancêtres ont apporté à la civilisation humaine.

Retour Vers le Futur

Chers jeunes africains, cher peuple noir, nous sommes suffisamment mûres aujourd’hui pour pouvoir nous affranchir de toutes les chaînes qui nous tiennent encore captifs. Ce n’est pas en nous lamentant sur notre sort que nous serons libres, ou comme Kanye West, en nous en prenant aux juifs que nous serons plus forts qu’eux. La vérité c’est que nous ne sommes en compétition avec personne, parce qu’avec tout ce que nous avons en nous et autour de nous, nous pouvons nous en sortir, pour vu que nous sachions choisir ceux qui doivent nous diriger, en ne voyant pas seulement nos besoins égoïstes limités qui ne construisent pas des nations.

Oui, nos ancêtres étaient les pharaons qui ont regné sur l’Égypte, et puis après ?

Nous continuerons d’êtres la risée du monde si de toute cette richesse qui nous a été léguée, et de toute cette grandeur dont nous nous réclamons, nous ne transformons pas notre avenir, car il ne s’agit pas du passée, mais bien de notre futur, et personne, absolument personne ne viendra faire de nous les dignes fils de rois et de reines que nous pouvons redevenir.

Une Chronique Hybride de Jacques Faran K.

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